7% des hommes contre 30% des femmes travaillent à temps partiel.

Par choix , la femme a souvent recours à la réduction de son temps de travail pour organiser sa vie familiale.

Les femmes sont particulièrement à temps partiel lorsqu’elles ont des enfants à charge (plus de 45% des femmes salariées ayant au moins 3 enfants travaillent à temps partiel)

Travailler à temps partiel : un défi?

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Je découvre les joies de la reprise d’une activité professionnelle après ma deuxième grossesse.

En poste de commerciale sédentaire dans une grande multinationale depuis 8 ans.

Je travaille à temps partiel choisi depuis la fin de mon congé maternité.

En quelques mois, je me suis rendue compte du changement dans mes rapports avec ma hiérarchie et plus étonnant encore avec mes collègues!

En effet, réduire la durée du temps de travail entraîne la diminution des contacts avec les collègues, qui au départ, encouragent la démarche pour très vite la dénigrer.

Des allusions ou des bruits de couloir en référence à un éventuel licenciement me sont régulièrement rapportés.

La hiérarchie me confie moins de travail, tandis que mes collègues, eux, persistent à me voir comme démotivée et démissionnaire face à mon poste.

L’accompagnement de l’entreprise pour faciliter l’adaptation au changement est inexistant.

Cette histoire, qui pour moi n’est pas terminée, représente assez clairement un retour raté.

Et l’entreprise?

Le droit au travail à temps partiel est envisagé comme une mesure de politique sociale, pour aider les parents à concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle.

Pour autant, demander à son employeur d’aménager sa vie professionnelle au profit de sa vie familiale est perçu comme un manque de motivation pour son activité.

De nombreuses entreprises appréhendent encore ces demandes de travail à temps partiel qui perturbent les plannings et ne présentent aucun intérêt pour elles.
Cette nouvelle organisation (notamment dans les PME) pour un chef d’entreprise, peut avoir un impact sur le développement de l’activité.

C’est à ce moment que le dialogue et la mise place d’un plan d’action en fonction des besoins de l’entreprise et des possibilités du salarié doivent être envisagés

Mise sous pression ou au placard, vous avez des recours!

Les femmes au retour de leur congés maternité aspirent à retrouver la place qu’elles avaient laissée dans l’entreprise. Elles reviennent motivées et prêtes à relever de nouveaux défis même à temps partiel sans penser que l’accueil ne sera pas à l’image de leurs souvenirs.

Je me suis donc renseignée pour connaître nos droits et les faire valoir.

Les délégués du personnel : Ils disposent de la procédure d’alerte dans le cas d’une atteinte aux droits des salariés et aux libertés individuelles et également, quand leur santé physique et psychique est en danger. (les noms et listes doivent figurer dans la salle du personnel, sur l’intranet, via votre CE)

Le médecin du travail : Cette visite peut être l’occasion de faire passer un message à votre direction ; vous pouvez prendre un rdv directement avec lui. Il est souvent à l’écoute et peut chercher avec vous des solutions d’amélioration.

Les DRH : être accompagné d’un délégué du personnel, lors d’un entretien avec votre hiérarchie face aux DRH peut parfois permettr20140610-195509.jpge de trouver un terrain d’entente.

L’inspection du travail : Les inspecteurs du travail sont chargés de veiller à l’application des dispositifs du code du travail et des lois et règlements relatifs au régime du travail, ainsi qu’à celles des conventions et accords collectifs de travail.

Si malgré vos tentatives pour régler ce litige à l’amiable, vous restez dans la même situation, vous pouvez déposer une requête au tribunal administratif (fonctionnaire) ou au conseil des prud’hommes (dans le privé).

Pour les questions de droits, n’hésitez pas à consulter le site officiel : http://travail-emploi.gouv.fr

Pensez aussi à regarder la convention collective de votre branche.

Pour plus d’informations :

http://www.femmes-emploi.fr/
http://www.avft.org/
http://www.femmes-solidaires.org/

Noémie Fabre